« Virgile assis entre les muses Clio et Melpomène »
IIIe siècle (140 x 138cm)

L’oeuvre, émblema d’une mosaïque beaucoup plus grande, a été retrouvée en 1896 à Sousse dans un tablinum ouvert vers l’atrium dans la Maison dite de l’Arsenal.Musée du Bardo.

« Virgile Seated Between the Muses Clio and Melpomene »
IIIrd century (140 x 138cm)

The work, emblem of a much larger mosaic, was rediscovered in 1896 in Sousse in a tablinum opening onto the atrium of the so-called House of the Arsenal. Bardo Museum.

Cette mosaïque est l’un des joyaux du musée du Bardo, car c’est le seul portrait authentique du célébre poète romain Virgile (70 – 19 avant J.-C.), auteur de la grande œuvre épique latine, l’Eneide.

Il est en train d’écouter Clio, la Muse de l’histoire, et Melpomène, la Muse de la tragédie, qui, derrière lui et debout, lui dictent tour à tour les chants de l’Eneide.
Les Muses portent toutes deux dans les cheveux la couronne de lierre et l’aigrette qui les caractérisent, mais elles diffèrent d’attributs et de costume.

La Muse de l’Histoire, une grâcieuse fille jeune, lui lit un manuscrit qu’elle tient des deux mains. Elle est vêtue d’une simple tunique vert foncé, en étoffe légère et flottante, sur laquelle est jetée un manteau jaune.

La Muse de la Tragédie, accoudée à gauche sur le dossier du trône, est une femme d’une beauté sévère, qui écoute la lecture avec un geste d’attention.
Son costume est d’une grande richesse. Elle porte une robe de théâtre frangée, faite d’un épais brocart de pourpre chamarré d’or et fixée très haut à la taille par une ceinture.
Sur le bras gauche, qui soutient un masque tragique, est jeté un manteau noir, doublé d’azur, aux plis lourds. Les pieds sont chaussés de cothurnes.
Virgile tient sur ses genoux un rouleau de papyrus, sur lequel sont écrits les vers 8-9 de l’Énéide : « O Muse, rappelle-moi les causes, dis-moi pour quelle pour quelle …” (“Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidve …”).

Le passage complet du poème est le suivant : “Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidve dolens, regina deum tot volvere casus insignem pietate virum, tot adire labores impulerit” et en traduction « Muse, rappelle-moi les causes, dis-moi pour quelle atteinte faite à la divinité et à ses droits sacrés et pour quel chagrin la reine des dieux (Junon) a contraint un héros célèbre pour sa dévotion envers les dieux, à affronter tant de risques ».

This mosaic is one of the jewels of the Bardo Museum, as it is the only authentic portrait of the famous Roman poet Virgil (70–19 BC), author of the great Latin epic, the Aeneid.

He is listening to Clio, the Muse of History, and Melpomene, the Muse of Tragedy, who, standing behind him, take turns dictating the cantos of the Aeneid. Both Muses wear the ivy wreath and aigrette that characterize them, but they differ in their attributes and attire.

The Muse of History, a graceful young girl, reads to him from a manuscript she holds in both hands.

She is dressed in a simple, dark green tunic of light, flowing fabric, over which a yellow cloak is draped.

The Muse of Tragedy, leaning on the left side of the throne, is a woman of austere beauty, listening attentively to the reading. Her costume is very elaborate. She wears a fringed theatrical gown of thick purple brocade embroidered with gold and fastened high at the waist with a belt. On her left arm, which supports a tragic mask, is draped a black cloak, lined with azure, with heavy folds. Her feet are shod in buskins. Virgil holds on his lap a papyrus scroll, on which are written verses 8-9 of the Aeneid :

“O Muse, remind me of the causes, tell me for what…

(“Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidve…”).

The complete passage of the poem is as follows : “Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidve dolens, regina deum tot volvere casus insignem pietate virum, tot adire labores impulerit,” and in translation, “Muse, remind me of the causes, tell me for what offense against divinity and its sacred rights, and for what sorrow the queen of the gods (Juno) compelled a hero renowned for his devotion to the gods to face so many risks.”